"Mon premier objectif est la naissance de mon fils"

De passage à Monaco avec son coach, Benjamin Balleret, le Français Pierre-Hugues Herbert a disputé quelques matches d'entraînements au Monte-Carlo Country Club.

Confiné en Suisse, chez lui, Pierre-Hugues Herbert a profité de cette période pour passer du temps avec sa compagne, Julia, enceinte de leur premier enfant. Sans oublier de bosser son physique.

Passer deux mois sans toucher une raquette n'a pas été trop dur ?

Ça a forcément été un peu compliqué. Il y a eu un temps d'adaptation car c'est un peu bizarre de se retrouver comme ça, du jour au lendemain, ''sans boulot'', sans pouvoir vivre de sa passion. Habituellement, les journées sont souvent bien remplies, c'est une vie assez folle et fatigante et se retrouver à la maison, posé, sans trop savoir quoi faire, ça fait bizarre. Après, je l'ai pris assez positivement. J'ai eu la chance que ça arrive à un moment particulier dans ma vie, puisque j'ai pu passer ce temps avec Julia, ma compagne, qui attend notre premier enfant. J'ai donc pu profiter de sa grossesse, suivre l'évolution du ventre, assister aux différents rendez-vous, préparer la venue du petit, il y a eu plein de moments assez sympa.

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Cette paternité qui arrive vous a fait réfléchir différemment par rapport à tout ça ?

Rien que le fait qu'elle soit enceinte change plein de décisions dans ta vie. Le petit n'est pas encore là que ça a déjà changé pas mal de choses, donc quand il va être là, ça risque d'être encore un plus gros changement et ça changera sûrement encore plus ma vision de la vie. Mais je n'ai pas encore ressenti ce gros changement-là. En essayant un peu de se projeter, on a un peu peur, ça va changer des choses, on va devoir s'adapter à tout ça. Il a un peu foutu le bordel (sic) parce qu'on a décidé de déménager. On estime que notre appartement n'est pas fait pour une vie avec un enfant. C'est un exemple de tout ce qui va changer. Et l'accouchement est prévu pour septembre, en plein pendant la potentielle reprise.

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La reprise, justement, ça a dû être un soulagement de retourner taper des balles ?

J'ai fait beaucoup de physique parce que c'était la seule chose que je pouvais faire, mais quand j'ai repris la raquette, j'étais comme un gamin. Ça ne m'était jamais arrivé de ne plus taper dans la balle pendant 2 mois car depuis que j'ai 5 ans, je joue quasi quotidiennement au tennis. Après ça a été une longue traversée parce que pendant 3 mois, j'allais seul sur le terrain (Benjamin Balleret ne pouvait le rejoindre à cause des restrictions de voyage) et c'est là qu'on se rend compte de la chance qu'on a, que j'ai d'avoir Benjamin au quotidien, qui m'aide, me motive. Mais c'était intéressant parce que ça permet d'apprendre des choses sur soi-même. 

Et qu'avez-vous appris ?

J'ai surtout découvert la vie quand on ne bouge pas trop. On part toutes les semaines pour faire son métier partout dans le monde, on vit des choses extraordinaires mais c'est très prenant et fatiguant. Là, pouvoir passer près de 4 mois à la maison, même si je me suis entraîné pendant la deuxième partie, c'était extraordinaire pour moi d'être à la maison, de pouvoir dormir 4 mois dans le même lit. Je n'avais pas du tout envie de partir (rires).

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Vous l'avez évoqué précédemment, comment se passe votre collaboration avec Benjamin Balleret ?

On bosse ensemble depuis près de 3 ans, je suis très satisfait de ce qu'on a accompli. Au départ, on était en binôme avec Fabrice Santoro, maintenant c'est lui qui a pris le relais. C'est quelqu'un qui me connait très bien, un ami de la famille depuis longtemps, on avait joué l'un contre l'autre quand il était en carrière, on a joué des doubles ensemble, c'est quelqu'un qui adore le tennis et qui est prêt à apporter au quotidien à son joueur. Il avait fait un super boulot à l'époque avec Gilles Muller, en binôme avec Alex Lisiecki et je sens qu'il m'apporte au quotidien, que je progresse. 

Que vous apporte-t-il ?

Je pense qu'il me pousse au quotidien, à me surpasser à l'entraînement, à me rendre compte que je peux aller plus loin dans l'effort, à ce que j'ai encore plus confiance en moi. J'ai un jeu d'attaque, si je ne joue qu'à moitié, ça ne marche pas, et il m'aide justement beaucoup là-dessus. Il sait me donner ce retour si important pour aller dans la bonne direction.

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Comment cela a-t-il débuté ?

Au tout début, quand il envisageait d'arrêter et de se mettre à coacher, il m'en avait parlé et m'avait proposé qu'on travaille ensemble. J'étais dans un autre projet et je n'avais pas pu lui répondre positivement, mais déjà à l'époque je m'étais dit que ce serait intéressant parce que je pensais qu'il serait un très bon entraîneur. Et c'est aussi quelqu'un avec qui je m'entends très bien et c'est important, parce qu'au delà du coach, c'est aussi un partenaire de voyage, donc c'est vrai que des fois ça peut avoir l'effet inverse. On peut avoir le meilleur des coaches, mais si on ne s'entend pas, ça peut être compliqué (rires). Et quand j'ai décidé de changer, j'ai tout de suite pensé à lui pour la suite. J'ai eu la chance que Gilles accepte qu'on partage la première année, il a ensuite arrêté sa carrière et j'ai pu ensuite en profiter uniquement pour moi depuis. Et c'est top.

Quels sont vos objectifs pour la suite de la saison ?

Le premier, c'est d'assister à la naissance de mon fils. Réussir à reprendre le tennis tout en arrivant à être là quand même. Retrouver le rythme, les tournois, ne pas se blesser, parce qu'après un long arrêt, le corps n'est plus habitué à tout ça, avec le stress des tournois, la fatigue des voyages. Je veux progresser au classement, mais ça passe aussi par des progrès dans le jeu. 

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