Surhumains

Les triathlètes ont ce petit plus qui fait d'eux des sportifs hors normes. Encore plus lorsqu'il s'agit de faire un Ironman. Début septembre, à Nice, les championnats du monde d'Ironman 70.3 ont eu lieu. Avec un sacré contingent de coureurs de la Principauté. Immersion.

Les corps sont affûtés. Taillés. Rares sont les bonhommes massifs en ce dimanche matin. Il faut dire que les triathlètes sont généralement plus proches de la taille de guêpe que de Mister Univers. Alors que le jour se lève difficilement en ce dimanche de début septembre, les bonnets sont sur les têtes. La bataille va bientôt débuter. En guise d'entrée, une boucle de 1,9 km à faire au large de la plage du Centenaire pour la partie natation. On note alors différentes couleur de bonnets. Elles sont pour les catégories d'âges et définissent les vagues de départ. Pour chaque couleur, des mini vagues de 10 personnes, toutes les 8 secondes. Si cela évite de voir une centaine de bonhommes se ruer vers l'eau telle une marée humaine, avec les risques que cela comporte, cela fausse cependant le ressenti des coureurs une fois sortis de l'eau, surtout pour savoir où ils en sont. "C'est le problème des vagues de départ. Quand on croise quelqu'un après, on ne sait pas trop combien de temps de retard ou d'avance ils peuvent avoir", explique Laurent Lambert, de l'ASM triathlon, qui a livré une rude bataille face à Alexandre Vinokourov.

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Transition

Alors que des bénévoles filent un coup de main aux nageurs pour s'extirper d'une Méditerranée qui ne demande qu'à les garder un peu plus longtemps, les futurs "Ironmen" doivent grimper jusqu'au parc à vélo pour y assurer la transition. Après environ 30 minutes à nager (23 pour les meilleurs, autour de 35 minutes pour une bonne partie des concurrents), il faut faire sauter la combinaison, enfiler le casque et partir aussi vite que possible tout en s'alimentant avant de pédaler pour 90 km, soit le gros morceau de ces championnats du monde d'Ironman 70.3. Avec une dizaine de licenciés en lice, l'ASM triathlon et la Principauté étaient bien présents. Tenue noire, bandes rouge et blanche sur le ventre, ils sont facilement repérables. Une partie à vélo qui a pu leur offrir des paysages magnifiques, mais aussi quelques pièges à éviter, comme le confie Laurent Lambert, auteur du meilleur résultat chez les hommes pour l'ASM (2e de sa catégorie d'âge, vice-champion du monde derrière Vinokourov en plus de 45 ans). "Le parcours vélo est magnifique, la région est super belle, malheureusement la qualité de la route laisse à désirer, surtout la descente de Coursegoules jusqu'à la plaine du Var, la route était de mauvaise qualité, et on était sur la moitié de la route, il fallait être le plus concentré possible pour ne pas perdre de temps et ne pas aller à la faute", concède-t-il. 

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Départ depuis la promenade des Anglais, remontée du Var, col de Vence, redescente par la plaine du Var, arrivée sur la Prom et dépôt du vélo sur la coulée verte. Et il faut savoir rester vigilant. Car si chacun vise sa performance, il est aussi nécessaire de jouer le jeu et laisser passer les plus rapides. Les "left, left, left" ou "right, right, right", fleurissent alors lorsque les cyclistes veulent doubler ceux qui les précèdent. En fin de parcours, certains, pour gagner du temps au moment du changement vélo/course, n'hésitent pas à rouler les derniers mètres à vélo sans chaussures, les pieds calés sur les chaussures, à l'image d'Armand Iurea, lui aussi licencié à l'ASM triathlon.

Semi-marathon

Le vélo posé, il faut rapidement chausser les baskets et partir pour un double aller-retour sur la promenade des Anglais afin de boucler les 21,1 km de course à pied. Un semi-marathon en guise de dessert. De la ligne droite, à perte de vue, malgré un cadre enchanteur avec la baie niçoise en arrière-plan. Et si le parcours ne présente pas de difficulté particulière, c'est psychologiquement qu'il faut puiser dans ses ressources pour ne pas lâcher. "Sur le papier, elle est sans difficulté, mais c'est très épuisant psychologiquement, parce que ce sont des lignes droites et ça parait interminable. Qu'il y ait du monde autour rend les choses quand même plus agréable", glisse Laurent Lambert. 

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Et du monde il y en avait. Les drapeaux aux couleurs des différentes nations des athlètes ont fleuri tout le weekend, notamment aux abords de la ligne d'arrivée, graal que tous recherchent. L'arrivée est d'ailleurs un moment vécu différemment pour chacun. Si certains profitent de ce tapis pour aller communier avec leurs proches présents dans les tribunes, d'autres jettent leurs dernières forces dans un ultime sprint afin d'accrocher le meilleur temps, ou battre un rival pour le titre mondial. Mais le franchissement du portique de fin procure à tous un sentiment de soulagement et de devoir accompli. Ils sont bien des "Ironmen", comme le dit le speaker. Chapeau messieurs. 

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Championne du monde

Les championnats du monde d'Ironman 70.3 concernaient également ces dames. Leur course s'est déroulée la veille de celle des hommes, soit le samedi, et l'une des athlètes de l'ASM triathlon a remporté le titre suprême. Sacrée dans sa catégorie d'âge (AG 35), Rachel Clausing a confirmé sa progression fulgurante, elle qui a débuté le triathlon il y a peu de temps. "J'ai fait mon premier triathlon l'an dernier et j'ai obtenu ma qualification lors de celui de Nice l'année dernière. J'étais vraiment contente en franchissant la ligne d'arrivée, et un peu surprise aussi", glisse Rachel. "Le parcours me convenait bien, je le connais bien puisque je m'entraîne souvent par là, mais je n'y croyais pas trop, même si mon entraîneur m'avait dit que j'avais la possibilité de réussir cela." D'autant que tout n'a pas été simple, notamment sur la fin. Victime d'un souci gastrique, Rachel s'est accrochée pour aller au bout. "Je m'étais fixé un objectif de temps sur la course à pied, mais je n'ai pas réussi à l'atteindre. Je n'étais pas très bien, mais il était hors de question que j'abandonne. J'ai reçu tellement de soutien de la part de mes proches, du club, que je ne pouvais m'arrêter." Et c'est finalement en tête de sa catégorie d'âge qu'elle a franchi la ligne pour remporter son premier titre de championne du monde (4 H 53'56'').