Dossier

ASM triathlon, cinq chances de faire la différence

Découverte du modeste QG de l’ASM triathlon, logé dans le stade Louis-II. Nous sommes immédiatement accueillis par Hervé Banti, le président du club (lire par ailleurs), Jean-Pierre Debernardi, trésorier et ténor de la communication, mais aussi par Denis Watrin, l'entraîneur, Alain Meredith et quelques autres membres du comité directeur.

Le petit bureau est à l’image des membres du club, absolument chaleureux. On nous serre la main, nous prie de nous asseoir. Dans la foulée, nous découvrons une petite dame blonde, encore bronzée de ses entraînements estivaux. Tout sourire et un peu timide, voici Delphine Pelletier, première recrue d’Hervé Banti. La triathlète française de 35 ans est licenciée à Monaco, ça y est. La complicité semble déjà s’installer entre la douce blonde et un président assez taquin, heureux de constater le développement de l’équipe du triple effort monégasque. 

Delphine Pelletier
"Je n'ai jamais fait d’ironman"

"On me dit "pour ta dernière année, c’est super d’être à Monaco !" La principauté fait toujours rêver", s’amuse la sportive qui se dit "fière de courir pour Monaco". "J’étais au club de Beauvais depuis quinze ans mais il a décidé d’arrêter cette année. J’ai rencontré Hervé au triathlon d’Aix-en-Provence et je lui ai fait part de ma recherche d’un club basé sur la longue distance. J’ai eu des contacts avec d’autres clubs, mais le projet d’Hervé me convenait mieux. J’habite à Saint-Laurent-du-Var donc c’est pratique et ça me permettra d’être proche des athlètes de Monaco. J’essaierai de venir de temps en temps." 

En 2012, elle s’est notamment imposée lors des TriStar de Cannes, de Lyon, du Natureman (half ironman du Verdon), puis elle a aussi terminé en tête de l’half ironman de Gerardmer devant Caroline Steffen, la championne du monde de triathlon en 2012. 
"J’ai un CIP (contrat d’insertion professionnelle) avec l’armée de terre, qui se termine à la fin de l’année. Donc je me suis dit que c’était un signe et qu’il fallait que j’arrête aussi le triathlon à ce moment-là. Pour l’instant, dans ma tête, c’est ma dernière année." On pourrait s’imaginer que la fin annoncée d’une carrière donne l’envie de courir en dilettante... 

"Non non, coupe la triathlète, on ne se relâche pas, on se lance de nouveaux challenges ! J’ai jamais fait d’ironman (3,8 km de natation, 180 km de cyclisme et 42,195 km de course à pied, ndlr) de ma vie. J’ai fait toutes les distances en 19 ans de triathlon, et je me dis que pour ma vingtième année c’est l’occasion de me lancer." Voilà le défi de la Française. 

"Je suis entraînée par Yves Cordier, l’entraîneur de Nice qui a plusieurs ironman à son actif. C’est lui qui va me préparer de A à Z. En plus, il en est l’organisateur donc j’aurai toutes les cartes en main. J’ai la chance de m’entraîner avec deux-trois athlètes pros comme Jeanne Collonge par exemple, et on arrive à se faire de belles semaines de 25 ou 28 heures. C’est un boulot à plein temps. Alors quand j’entends "maman, on va faire du vélo ?", c’est dur ! La récupération fait vraiment partie d’une journée d’entraînement", raconte en plaisantant la maman de Emy, sept ans.

Rod de Kanel
En route vers Las Vegas

Autre nouvelle recrue, Rod de Kanel, triathlète français de 31 ans. "Je connais Hervé depuis une dizaine d’années, j’étais très ami avec son frère. Je l’ai rencontré lorsque j’étais à l’école de police. En 2006, il m’avait déjà encouragé à venir au club monégasque. Mais je me suis remis sérieusement au triathlon l’année dernière. Alors, j’ai moi-même contacté Hervé. J’avais envie de faire partie d’un club ambitieux. C’est là qu’il m’a annoncé que justement, il cherchait à constituer une équipe pro." 

Timing parfait pour ce gardien de la paix qui vit à Paris. "Mon objectif avec Monaco est de me qualifier pour les championnats du monde d’ironman 70.3, qui se dérouleront à Las Vegas en septembre prochain. C’est très motivant de faire partie d’un club dynamisé par plusieurs athlètes de haut niveau. Je n’aurai pas souvent l’occasion de m’entraîner avec eux, mais c’est important de faire partie d’un club fort, qui a une vraie identité."

Pour Rod, ce sera la continuité d’une année 2012 porteuse. Il a participé à une dizaine de courses et est notamment le vainqueur de l’Oilman (half ironman de Lake Conroe) au Texas, de la Nautica south beach (distance classique) et de l’Ocala sprint, en Floride. Il est arrivé deuxième du FitDays Le Havre (longue distance) et du Bradenton half ironman de Floride. Rod de Kanel a aussi pris la 11e place de l’ironman 70.3 d’Irlande, et la 18e de celui d’Austin, capitale du Texas.

Nicolas Fernandez
"Une ativité restreinte depuis juillet"

Nicolas Fernandez, sapeur-pompier de 29  ans basé dans les Bouches-du-Rhône, a récemment quitté son club d’Aix-en-Provence. "Je connais Hervé depuis plusieurs années, j’ai souvent couru avec lui. Après Aix, je cherchais un club stable. En appelant Hervé, j’ai appris qu’il avait ce projet d’équipe spécialisée dans la longue distance. C’était exactement ce que je souhaitais". Pour l’instant, le triathlète occitan prend soin de sa cheville au CERS Capbreton (le Centre européen de rééducation réservé aux sportifs). Il a été opéré le 22 novembre afin de soigner l’inflammation d’un os, l’empêchant de pratiquer son sport depuis plusieurs mois. 

"Dès mon retour du centre, j’espère être en mesure de faire des journées d’entraînement conséquentes. Pour le vélo et la natation, ça va aller. Mais il va me falloir reprendre la course à pied en douceur. Ma prochaine date est l’ironman de Nice, en juin 2013. J’y participe mais sans objectif particulier parce qu’à cause de ma cheville, j’ai eu une activité restreinte depuis juillet. Mais lorsque je m’y remettrai à fond, je ferai à nouveau 25 à 30 heures par semaine. Mon entraîneur est Nicolas Fritsch (ancien cycliste français professionnel, ndlr). Aujourd’hui il vit à Paris, et même à distance, il me conseille beaucoup. S’entraîner seul c’est usant. Heureusement, il y a beaucoup de sportifs ici. Par exemple, il y a des cyclistes pro comme Florent Barle et c’est motivant de pédaler avec eux." En 2011, Nicolas avait notamment terminé 3e du TriStar de Lyon et était champion de France des sapeurs-pompiers.

Sylvain Rota
"Un projet concret et crédible"

"J’ai connu Hervé par rapport à ses résultats sportifs", explique Sylvain Rota, le dernier arrivé de l’équipe pro monégasque fraîchement formée. "J’ai entendu parler de lui notamment lorsqu’il est allé aux JO. Mais mon arrivée à l’ASM est un pur hasard. J’ai vu sur la page Facebook de l’AS Monaco triathlon que Nicolas Fernandez en faisait partie. Je le connais parce qu’on a un peu le même parcours. Je suis pompier moi aussi, mais en Haute-Savoie, et on était tous les deux licenciés au club d’Aix-en-Provence. J’ai demandé s’il y avait une possibilité de collaboration pour 2013. Je pensais finir dans un petit club loisir de Chambéry." 

Finalement, le triathlète de 29  ans intègre l’équipe des rouge et blanc. "Je suis satisfait parce que le club est prestigieux, et surtout, nous avons un président qui est lui-même triathlète de haut niveau. Il nous propose un projet concret et crédible. Puis il nous comprend très bien et il connaît la valeur de chaque performance." Le 16 décembre dernier, le pompier haut-savoyard s’est offert l’ironman du Pays de Galles, avec le meilleur temps à vélo comme cerise sur le gâteau. 

"Jusqu’à aujourd’hui, seulement huit Français l’ont remporté. Je suis assez fier de cette performance. Surtout qu’en tant que pompier je fais souvent des gardes de 24 heures et je m’entraîne seul. Donc ce n’est pas toujours évident." Il a aussi remporté le triathlon d’Aix-les-Bains, le 9 septembre. Son prochain objectif n’est pas des plus simples, c’est l’ironman d’Afrique du Sud, qui se déroulera le 14 avril. Depuis début janvier, Sylvain Rota est dans l’entraînement jusqu’au cou.

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