Réactions sur le vif

Après plusieurs heures de concentration et de compétition acharnée, les triathlètes arrivés parmi les premiers ont dû ajouter une étape à leur programme déjà très copieux : le passage devant les médias, qui les attendaient juste derrière la ligne d'arrivée. Récits de course, joies, douleurs et projets se sont entrechoqués.

Lisa Hütthaler seule au monde

L'an passé, on avait déjà qualifié la victoire de la Niçoise Johanna Daumas de "confortable". Nantie d'une avance de près de quatre minutes sur sa poursuivante la moins larguée, elle avait pu gérer sereinement. Pour l'Autrichienne Lisa Hütthaler, qui fêtait son vingt-neuvième anniversaire le jour de l'épreuve, la démonstration aura encore été plus éclatante. Sa troisième victoire de la saison sur le circuit TriStar, la souriante brune l'a conquise avec la manière. Sa dauphine, la Danoise Tine Holste, comptait plus de quinze minutes de retard.

Extenuée mais heureuse, Lisa revenait sur sa performance : "Je termine vraiment fatiguée, c'est allé très vite. Courir ici, sur le circuit de la Formule 1, c'est quelque chose d'extraordinaire. Sur la partie vélo, j'ai commencé à me dire que je pouvais gagner. Je croisais des garçons et je leur demandais s'ils n'avaient pas vu passer telle ou telle concurrente. Ils me répondaient "non", donc c'était bon signe !"

Hervé Banti y était presque

Revenu de l'aventure des JO, le Monégasque Hervé Banti a réussi sa meilleure performance à domicile. Après avoir souvent figuré dans le top 10 (lors de l'ancienne épreuve, le 70.3, ou lors du TriStar), il a accroché son premier podium.

"C'était mon objectif au départ. Gagner, c'est mieux évidemment mais j'avais des crampes aux quadriceps sur la fin, alors je suis content d'avoir sauvé ma deuxième place. J'ai bien nagé. A vélo, on s'est retrouvés à trois. Avec Olivier Marceau, on assurait le tempo et l'idée, c'était de faire la différence plus tard. A pied, je pensais avoir course gagnée, je suis parti vite mais j'ai vu Andrea revenir. A la maison, ce n'est pas toujours facile, on se sent attendu, il y a de la pression. Je fais enfin un podium ici, ça fait plaisir. Maintenant, il ne me reste plus qu'une marche à gravir."

Andrea d'Aquino : coup d'essai, coup de maître

L'Italien originaire de Novara (à environ 300 kilomètres de la principauté, dans le Piémont) possède une maison à Menton. Pendant l'hiver, il vient s'y reposer mais aussi peaufiner sa condition. Amoindri mais très motivé, il n'a laissé à personne d'autre le soin d'aller couper la ligne d'arrivée en premier.

"Je me suis entraîné très dur pour cette course. Deux jours avant, j'ai ressenti une douleur au pied. Je n'étais pas sûr de pouvoir aller au bout. J'ai vraiment souffert pendant les transitions, sans chaussures. Mais sur la partie course à pied, c'est la douleur dans les muscles qui a pris le dessus, alors… Tout s'est quand même très bien passé. Gagner ici, c'était un objectif. C'était ma première participation au TriStar 111 à Monaco. Le parcours vélo était très difficile, Olivier (Marceau) et les autres roulaient vite. Il y avait beaucoup de vent. Le chrono, je ne l'ai pas trop regardé. Ce qui compte, c'est la victoire."

Rodolphe von Berg Jr sur sa lancée

Rejoint à l'arrivée par son compétiteur de père, le jeune Rodolphe von Berg Jr (19 ans le 4 octobre) affichait une mine satisfaite. Le longiligne athlète installé du côté de Plascassier a réalisé le sixième temps, derrière un quintet de triathlètes nettement plus expérimentés que lui. "Je me suis retrouvé dans un groupe de cinq à vélo, derrière le trio de tête. Je ne pouvais plus espérer rattraper ceux de devant, mais c'est encourageant. En 2011, j'avais fini deuxième mais le niveau était moins relevé. Cette fois, j'ai fini devant Johannes Moldan, qui m'avait battu." Le Bac en poche, ce grand espoir que l'on pourrait définir comme un citoyen du monde (il est né aux Etats-unis, possède la nationalité italienne par sa mère et belge par son père) était parti en Australie pour se concentrer pleinement sur le triathlon. Une expérience en demi-teinte, qui ne l'a tout de même pas fait dévier de sa trajectoire. " Ça ne s'est pas très bien passé, le coach ne m'a pas fait progresser, à part en natation. Mon objectif, c'est le professionnalisme. Je vais partir dans le Colorado, à l'université de Boulder. C'est vraiment l'un des endroits où l'on retrouve tous les meilleurs triathlètes de mon âge."

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