Un, deux... Tri !

Plus qu'un enchaînement de disciplines, le triathlon est avant tout un mode de vie, une passion sans faille à laquelle n'échappe pas le club monégasque. Et les adeptes ne s'y trompent pas, puisque chaque année, la Principauté attire un nombre croissant de licenciés.

La saison des compétitions vient tout juste de s'achever. Pourtant, ce mardi matin-là, dès l'aube, ils étaient très nombreux dans le bassin olympique du Stade Louis-II, enchaînant les longueurs avant de prendre le chemin du boulot. Alors que l'ASM Triathlon s'apprête à fêter l'an prochain ses trente ans, c'est un formidable essor que vit le club depuis quelques années. 

"Nous avons doublé le nombre de membres en trois ans, passant de 60 à près de 120 licenciés l'an dernier", souligne Hervé Banti, son président, qui a repris les rênes du club en 2012. "Beaucoup de jeunes arrivent cette année. Je pense même que l'on va battre des records d'inscriptions avec au minimum 150 licenciés", avance l'entraîneur du club, Denis Watrin.

Dépassement de soi 

Cette nouvelle dynamique, le club la doit notamment à son président, lui-même triathlète, à ses projets et à l'énergie qu'il insuffle à la structure. "Nous nous sommes développés car nous sommes plus vus sur les compétitions. Nous essayons toujours de véhiculer une bonne image du club", avance Hervé Banti. "L'équipe pro, que j'ai mise en place à mon arrivée, a sans doute joué...". Sans compter l'intérêt croissant que la discipline suscite aux quatre coins du monde. "C'est un sport assez jeune qui attire beaucoup de public. Je pense qu'aller au delà de soi, l'Ironman, ça fait rêver les gens, cela donne un objectif", ajoute l'entraîneur, lui-même adepte depuis 20 ans. 

Du côté du bassin, l'entraînement se finit tout juste pour Philippe Tautil, l'un des licenciés du club. "Au début, c'est un dépassement de soi, ensuite ça devient un défi, puis une drogue, et enfin un mode de vie", confirme cet informaticien de métier, qui s'entraîne depuis quatre ans. "Mes débuts ? Un peu comme tout le monde, on commence par faire l'un des trois sports, puis un deuxième et pourquoi pas du triathlon après. Moi j'ai commencé par la course à pied, puis je me suis blessé alors je me suis mis à la natation. Et après j'ai acheté un vélo ! (rires)

Amateurs passionnés

Au sein du club, le triptyque natation-course-vélo attire des sportifs de tout âge, même si, par manque de structures, le club n'accueille pas de petits. "Nous avons deux ou trois jeunes entre 10 et 15 ans, mais la plus grande partie de nos licenciés a entre 30 et 50 ans", relève Hervé Banti qui ne manque pas de rappeler que, dans ce sport d'endurance, on peut être encore très performant entre 40 et 45 ans. "Avant, il y avait beaucoup de triathlètes entre 40 et 60 ans. Depuis deux ou trois ans, cela a tendance à se rajeunir car les compétiteurs un peu plus aguerris de la région sont attirés par le club et nous rejoignent". Et à l'instar de Philippe Tautil, le club compte également "un noyau de 30/35 triathlètes, qui sont amateurs mais passionnés et qui s'entraînent comme des pros tout en ayant un travail à côté". 

D'ailleurs, sur la ligne de départ d'un triathlon, cette distinction de genre n'existe pas. Face à l'effort, tous sont logés à la même enseigne. Et les licenciés du club, qui parcourent la région d'avril à octobre, de compétition en compétition (triathlon de Cap d'Ail, Hyères, Naturman du Verdon…), côtoient aussi bien des débutants que des compétiteurs aguerris. "Il faut savoir qu'il y a des amateurs aussi forts que des professionnels. Sur l'Ironman, quand on prend le départ, on peut très bien terminer devant des professionnels", rappelle l'entraîneur qui emmène environ les trois-quarts des licenciés du club à la compétition, avec trois objectifs principaux : les Ironman d'Aix-en-Provence, Embrun et bien entendu celui de Nice. Avec dans un coin de la tête, le "Graal" des triathlètes, l'Ironman d'Hawaï, berceau de la compétition. "L'objectif final, c'est de qualifier le maximum de personnes sur celui-là", explique Denis Watrin, dont deux licenciés se sont qualifiés cette année.

Objectif : Hawaï

D'ailleurs, la saison est à peine finie que déjà les échéances 2016 sont dans toutes les têtes. Après deux mois de "régénération", l'entraîneur amorcera dès décembre un programme d'entraînement plus soutenu en vue de la première grande manifestation, l'Ironman de Nice, qui se tiendra cette année - Euro 2016 de football oblige - au tout début du mois de juin. "On commencera à grimper en volume pour arriver, courant mars, à réaliser de longues sorties de 150 à 180 km sans être trop fatigués au moment où on pose le vélo. J'aime faire beaucoup en amont et diminuer l'entraînement pour arriver frais et au maximum de sa forme début juin", souligne Denis Watrin. 

"Cela représente six mois d'entraînement non-stop. Nos plus grosses semaines tournent autour de 30 heures, mais cela reste en moyenne entre 18 et 20 heures. Quand on commence à accélérer la préparation, cela représente entre 3h30 et 4 heures par jour : natation le matin, des fois deux-trois heures de vélo dans la journée et des sorties à pied le soir", précise l'entraîneur, qui n'oublie pas non plus la force morale nécessaire à ce sport d'endurance. "Sur les Ironman, c'est 30 à 40% de la réussite. Il ne faut rien lâcher, car on passe par tous les moments : de l'euphorie, dans le dur, des fois on est même plus là, on ne sent même plus qu'on est sur la course."

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