Le retour des Swan

Pour la deuxième année consécutive, Nautor's Swan a fait de la Principauté le point de départ de la Nations Trophy Mediterranean League, son circuit annuel de régates. Du 9 au 13 avril dernier, quatorze voiliers ont ainsi participé à la 2e Monaco Swan One Design. Une édition malheureusement marquée par les caprices d'Éole.

Le célèbre adage dit : "on ne change pas une équipe qui gagne". Après une première édition pleine de succès, le chantier finlandais avait de nouveau donné rendez-vous à sa grande famille de régatiers, sur le plan d'eau de la Principauté, pour la Monaco Swan One Design. La première étape de sa Nations Trophy Mediterranean League, qui mènera les aficionados de Nautor's Swan à Scarlino, Palma de Majorque et à Saint-Tropez, avant le grand rendez-vous biannuel du chantier, le Nations Trophy, qui se tiendra en octobre dans la capitale des Baléares. "Nous avons trois événements majeurs dans le monde : la Swan Cup, organisée depuis plus de 30 ans, la Swan European Regatta, et la version américaine, qui ont toujours rencontré beaucoup de succès. Depuis que nous sommes entrés dans le monde de la monotypie, nous pensions qu'il était temps de leur dédier un événement", rappelle Enrico Chieffi, le vice-président de Nautor's Swan. 

Le Nations Trophy est ainsi né il y a deux ans, à l'occasion du 50e anniversaire du chantier, suivi l'an dernier par la Nations Trophy Mediterranean League. Son objectif : maintenir un lien étroit et permanent avec sa grande famille d'armateurs en lui offrant un circuit de qualité, sur le principe des grandes compétitions entre nations, associant challenge sportif et féstivité. Et ce nouveau rendez-vous a plu aux armateurs. "Leur nombre est croissant cette année. Et nous avons presque doublé le nombre de participants attendus sur l'ensemble des événements", souligne Enrico Chieffi. Cette deuxième édition promet d'ailleurs de battre tous les records puisque plus d'une cinquantaine de Swan sont attendus au Nations Trophy.

Les propriétaires à la barre

A Monaco, ils étaient 14, soit trois de plus que l'an passé, venus de sept pays : Italie, Russie, Autriche, Belgique, Suisse, Espagne et France. "C'est le début de la saison, il y a moins de participants pour le moment, mais la flotte ici a un très bon niveau, surtout du côté de la classe des Club Swan 50", précise le vice-président. Car cette compétition présente la particularité de mettre aux prises trois différentes classes de monotypes : les ClubSwan 42, les Swan 45 et les ClubSwan 50. Les deux premiers, dessinés par l'architecte historique du chantier, German Frers, entrent dans la catégorie des "courses croisière" adaptée aussi bien aux régates qu'aux sorties familiales. 

Le ClubSwan 50, lui, est né en 2017, pour le 50e anniversaire de Nautor's Swan. Sous le coup de crayon de Juan Kouyoumdjian, il se veut beaucoup plus moderne et offre à son bord les dernières technologies. "Le 50 marque vraiment une rupture puisqu'on est sur une grosse 'machine', tout en carbone ", explique Philippe Oulhen, président de la classe et Product Line Leader chez Nautor's Swan. "Il possède une nouvelle génération de carène plus volumineuse devant, avec deux safrans qui permettent un meilleur contrôle, pour que le propriétaire-barreur se sente à l'aise".

Car c'est là une règle commune et fondamentale à toutes les régates du chantier, qui explique aussi bien leur convivialité que leur succès : chaque bateau doit être barré par son propriétaire. "Les règles de la classe sont très importantes. Il y a un nombre limité de professionnels à bord ou de changement de voiles, du coup c'est très équilibré. Il ne s'agit pas de savoir qui a le plus d'argent", confirme Andy Bianchedi (Drifter Sail), un tout nouvel armateur de ClubSwan 50, qui participe pour la première fois au circuit, avant d'ajouter : "C'est un beau bateau, design, très rapide, léger, qui est très plaisant à naviguer. Atteindre un certain niveau est difficile, mais on peut facilement et rapidement s'amuser. Et ça, c'est très important pour nous les gentlemen barreurs".

Éole joue les trouble-fêtes

Sur le plan d'eau de la Principauté, on retrouvait donc les trois vainqueurs de l'étape monégasque de 2018 : Leonardo Ferragamo (Cuordileone), le président de Nautor's Swan, en ClubSwan 50, Luis Senis (Porron IX) en Swan 45, ou encore Lorenzo Mondo (Far Star) en ClubSwan 42. La bataille s'annonçait une nouvelle fois rude sur ce plan d'eau très tactique. Surtout au vu du palmarès de certains professionnels à bord, comme celui des tacticiens Fernando Echavarri (Skorpios /ClubSwan 50), Iker Martinez (Mathilde / ClubSwan 50), deux champions olympiques, et Ken Read (Cuordileone) qui a, à son actif, près de cinquante championnats nationaux et internationaux ainsi que plusieurs participations à l'America’s Cup et à la Volvo Ocean Race (course à la voile autour du monde en équipage et par étapes). Et c'est avec un vent d'Est de 10 à 12 nœuds qu'ont commencé dès le mercredi les hostilités. L'unique régate du premier jour verra Dmitry Rybolovlev (Skorpios), Luis Senis et Lorenzo Mondo monter sur le podium de la remise des prix quotidienne, chère au chantier finlandais Nautor's Swan. "Le concept tourne bien sûr autour de la course, mais le cœur de l'événement, c'est de s'amuser, être ensemble, devenir une famille et partager le plaisir de la voile. Récompenser chaque soir le vainqueur de la journée et lui remettre un trophée est un beau prétexte. Le lendemain, vous pouvez être le dernier, alors il faut en profiter immédiatement !", rappelle Enrico Chieffi. 

Une bonne philosophie d'autant que, malheureusement, dès le lendemain, Éole, le dieu du vent, s'est fait désirer. Après avoir empêché les régatiers de franchir la bouée d'arrivée le jeudi, la pétole qui a régné le samedi, quatrième et dernier jour de la Monaco Swan One Design, aura même empêché le moindre départ… Heureusement, le troisième jour de régate (le vendredi) leur aura permis de réaliser deux belles courses, avec d'abord un vent de sud-ouest de 10 - 12 nœuds, puis une petite brise changeante et perdant en intensité. Avec trois victoires en trois courses, Porron IX et Far Star auront une nouvelle fois régné sans partage sur leurs classes respectives, tandis qu'en ClubSwan 50, c'est finalement Leonardo Ferragamo qui l'emportera par sa régularité, avec deux 2e places et une 3e place. C'est donc avec exactement le même classement que l'an passé que la flotte des Swan a quitté la Principauté, l'Italie prenant la tête du classement.

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Le classement

ClubSwan 50
1. Cuordileone / Leonardo Ferragamo (Italie)
2. Ulika / Andrea Masi (Italie)
3. Skorpios / Dmitry Rybolovlev (Russie)

Swan 45
1. Porron IX / Luis Senis (Espagne)
2. Ange Transparent 2 / Valter Pizzoli (Suisse)
3. Miss K Checkmate /
Piermarco Babando (Italie)

ClubSwan 42
1.Far Star / Lorenzo Mondo (Italie)
2. Zappy S / Christophe Wargny (France)
3. Andante / Bernard Marchant (Belgique)