Optimist Team Race : Monaco se fait la main

Pour la sixième fois, le port de la Principauté s'est transformé en terrain de jeu des jeunes régatiers. La Monaco Optimist Team Race est l'un des rares formats de course par équipe en embarcation individuelle. Cette année, 64 marins ont navigué, du 15 au 18 janvier. Parmi eux, le jeune team monégasque, venu se faire la main.

L'histoire débute sur le quai Louis-II, pour la première fois. Sa large esplanade laisse un espace confortable aux jeunes gens en passe de concourir. Étalés au sol, la tête couverte d'un bonnet, ils sont à l'œuvre. Il faut fixer la voile sur son mât, puis le mât sur son navire. Ça s'affaire et ça ne plaisante pas. Les coaches donnent déjà quelques directives. L'enjeu est bien là, et il est international. 

"Ok, please, can we go to the meeting room ?", lance l'un des organisateurs à plusieurs reprises. Visiblement, les garnements ont du mal à lâcher leurs vaisseaux. C'est certainement parce que ça souffle déjà. Tout marin le sait bien, le vent est incapable de se tenir tranquille à Monaco. Il va, il vient, sans jamais tenir compte du planning.

Mais cette fois, les voiles claquent contre les mâts et les rayons puissants annoncent une belle journée. "C'est particulièrement important de vous recevoir cette année, au sein du nouveau Yacht Club de Monaco. Nous sommes montés à seize équipes venant de treize pays", harangue Bernard d'Alessandri, directeur général du club monégasque. L'an passé, il y en avait douze et elles venaient de neuf États.

"J'espère que vous prendrez beaucoup de plaisir", déclame-t-il en français, anglais et italien. Par groupes de quatre, les 64 régatiers âgés de 12 à 15 ans foulent l'estrade pour se présenter. Munis d'un étendard presque aussi haut qu'eux, ils sont à la fois fiers, impressionnés et amusés d'entendre résonner l'hymne de leur pays.

Renouveau chez les Monégasques

"En plus des équipes de l'année passée, nous accueillons le Danemark, la Finlande, l'Algérie et la Grande-Bretagne qui avait participé il y a quelques années", explique Thomas Champion, l'un des entraîneurs de la section sportive du Yacht Club de Monaco, à l'origine de l'Optimist Team Race en Principauté. Lors de la précédente édition, il coachait un team monégasque assez expérimenté, alors arrivé en troisième position derrière le Gstaad Yacht Club et le Yacht Club Argentino. 

"Cette fois-ci, je me suis un peu détaché pour ne pas prendre parti sur l'eau. Je suis "assistant principal race officer", c'est-à-dire que j'officie en tant que technicien pour faire monter un peu le niveau de l'épreuve", explique-t-il. "L'équipe monégasque est jeune cette année. C'est le renouveau. Elle débute en course par équipe. Ce sera plus une épreuve de formation".

Pour l'occasion, il a passé la main à Margaux Meslin, une passionnée de voile de 22 ans. "Ça s'inscrit dans la politique de formation du club. Nous prenons des jeunes qui souhaitent s'investir dans les métiers de la mer. C'est le cas de Margaux qui est ici depuis un an." 

Bonne humeur à toute épreuve

Après une journée printanière où les régatiers ont profité d'un vent soufflant à 10-15 nœuds, la matinée qui suit se voit écrasée par un ciel lourd et gris. Et cet air qui ne monte pas… C'est là que nous retrouvons Margaux Meslin, entourée par son quatuor désœuvré. Tous plus ou moins installés sur un Optimist estampillé Monaco, ils grignotent leurs sandwiches en enchaînant les taquineries. 

Simon Maltcev, Mathéo Sperry, Logan Viciana et Antoine Arnoult sont tous issus de la section sportive du club. La veille, les jeunes gens ont enlevé cinq victoires sur sept courses et ressentent un certain contentement. "On est étonnés de notre résultat", balance Mathéo, 12 ans. 

"Y a que moi qui sais faire en gros", coupe Simon, 13 ans, dont c'est la deuxième participation. Le jeune blond aux yeux bleus prend une moue sérieuse et commente : "On a eu quelques difficultés hier, avec le stress et les virements de bord. En fait, je suis un peu comme une maman pour eux", s'enorgueille le chef d'équipe, sourire en coin. "Arrête", souffle Margaux Meslin, amusée par le comédien. "À part pour Simon, c'est notre première course internationale", intervient Logan, 12 ans, fier. "Aujourd'hui, on va essayer de ne pas perdre", poursuit-il. Bel objectif.

Leur humeur joviale ne semble pas écornée par l'expérience du team Gstaad, grand favori, ni par leurs cousins français (PACA et Aquitaine) qui trustent le podium. Les relations restent amicales. "Ils ont du niveau. Ce sont nos adversaires sur la ligne de départ. Mais sinon, on est copains avec eux", glisse Antoine, 12 ans. Les garçons n'ont appris leur sélection qu'une semaine avant l'événement. "Ça faisait très plaisir", déclare Logan. "Ça faisait drôle aussi", raconte Mathéo.

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