Stéphane Narvaez, explorateur des temps modernes

Le 21 avril, le navigateur antibois Stéphane Narvaez se lancera dans un défi encore jamais réalisé. Quatre tours du monde, sans escale et en solitaire, en l'espace de 16 mois. Lui qui est le sixième marin à avoir bouclé un tour du monde à l'envers sans escale en 2011, est accaparé par les les derniers préparatifs avant le grand départ.

Lorsqu'on le contacte par téléphone, on sent bien que le navigateur, basé à La Ciotat pour le moment,  n'a plus qu'une seule envie : chevaucher la houle à bord de son voilier, "Oïkos", un Sharp 47 100% écolo.

Il le dit lui-même, quand il se trouve sur le plancher des vaches, il est contrarié, vraiment pas à l'aise. "L"idée de ce nouveau défi a germé lors de mon précédent tour du monde. Je venais de passer le Cap de Bonne Espérance, j'étais sur le retour et je me suis dit que je pouvais contribuer à la recherche et la connaissance des mers du Sud. Quand j'ai posé le pied sur terre, je me suis remis au travail"

Ce marin explorateur, né en région parisienne, débarque à Antibes à l'âge de cinq ans, c'est ici qu'il voit ses premiers voiliers et que la fièvre du nautisme grimpe en lui. Il grandit avec le Vendée Globe et les grandes traversées en solitaire. Sa vie, il l'imagine sur le pont d'un bateau et nulle part ailleurs. "Toutes les courses auxquelles je participe sont un prétexte pour aller naviguer, car je ne suis pas un compétiteur dans l'âme", avoue Stéphane.

Un défi hors normes 

Le 21 avril prochain, au départ d'Antibes, Stéphane Narvaez lèvera les voiles pour un périple un peu fou qui durera 16 mois, dont 12 passés dans les mers australes à étudier l’environnement et faire des relevés, environ 24 000, pour l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) et la LPO (Laboratoire de Physique des Océans). 

Au travers de l'association "TeamDéfis", qu'il a fondée, l'Azuréen mène des expéditions dans le but d'informer et d'alerter sur les risques environnementaux. "Les mers du Sud sont très peu fréquentées, elles sont donc un vivier d'informations et je suis fier de pouvoir mettre à disposition un laboratoire au bout du monde."

Dans sa quête, il pourrait également tomber plusieurs records : la plus longue navigation autour du monde en distance et en durée. Quatre tours de la Terre dans le sens Ouest-Est, une navigation sans escale, en solitaire et sans moteur juste avec la force de la nature. 

Tout cela à bord d'un bateau de série d'environ 14 mètres avec le confort minimal pour naviguer en toute sécurité. "La question du bateau est un choix financier, un prototype aurait coûté bien trop cher, cela aurait représenté un défi supplémentaire. J'engage mes propres revenus et les partenaires m'aident énormément. C'est une relation de longue date, certains sont mêmes devenus des amis. Ils sont heureux de participer à l'aventure.""


Une logistique millimétrée 

Cet ancien employé dans le bâtiment et le génie civil (il a démissionné le mois dernier), emportera avec lui 700 kilos de nourritures pour l'équivalent de 1 500 repas stockés et conditionnés pour résister à l'humidité. Il emmènera également 200 litres d'eau. "Je récupérerai les eaux de pluie et en cas d'urgence j'ai un appareil de désalinisation."  

Il va certes tourner en rond autour du globe, mais certainement pas dans son bateau. "Entre la mécanique, la navigation, l'entretient, les réparations et il y en a, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Il faut aussi gérer la vie courante avec la préparation des repas, les temps de sommeil (six heures par jour avec des cycles compris entre 30 minutes et deux heures).

Pacifique

Durant sa traversée l'Antibois, ne sera pas non plus coupé du monde. Avec les transmissions par satellite, il sera tous les jours en contact avec les membres de son équipe et ses proches. "Avec la famille on gère depuis des années ce mode de vie, elle l'accepte. Je vais également lire de nombreux livres et écrire un récit de mes aventures, j'appelle cela la "nourriture intellectuelle", c'est très important". A noter que l'embarcation sera équipée d'une caméra HD dans l'optique de la réalisation d'un film.

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